Cortour Celtique 3 : Dublin !
Lire le début : Stonehenge et Tintagel
Qu’à cela ne tienne, nous n’en avions de toute façon pas besoin à Dublin, la Guinness servie généreusement dans les pubs de Temple Bar se passe de tout accompagnement ! Ahhh, Temple Bar, la Guinness… deux institutions incontournables pour qui souhaite découvrir le vrai Dublin. Une foule cosmopolite arbore les rues pavées de ce quartier branché de la capitale irlandaise dès que vient la nuit, les concerts s’improvisent, les pubs, depuis que les fumeurs n’y sont plus tolérés, sont animés d’un ballet continu de gens qui rentrent chercher leur Pint, sortent fumer leur cigarette, retournent en quête de la suivante, etc. Ceci de bar en bar, le tout sous l’œil attentif et bienveillant (… !) de la garde montée. Qu’il est loin le temps où les rues désertes la nuit voyaient les
partisans de l’indépendance se faufiler dans l’ombre à la recherche d’un blindé de l’armée anglaise à grenader ! Après trois années de longue séparation, Hugues retrouvait une amie italienne installée ici, j’errais donc de mon côté à la recherche du cliché ultime, comme certains surfeurs attendant LA vague. La fatigue, la bière ou tout simplement les conditions n’étaient pas réunies… toujours est-il que je le cherche encore.
Après une excellente nuit passée dans une auberge au cœur de ce quartier des pubs (chaudement recommandée par le Cortour !), nous partions le lendemain à la recherche du souvenir de Corto planant autour du château, traînant dans les rues de Dublin ou bien encore présent dans les abords étonnamment délabrés du siège officiel du Sinn Fein. Siège qu’il nous fût d’ailleurs assez difficile de trouver, malgré les conseils précisément évasifs de l’hôtesse d’accueil à la mairie qui, une fois passée la surprise qu’engendre une telle demande, nous indiquait superbement : par là… L’accueil au siège du parti indépendantiste ne ressemble pas à celui de la Mairie. En lieu et place des jeunes hôtesses d’accueil se trouve une dame assez, voire très âgée, surprise aussi par la venue de deux journalistes français en quête de lieux historiques du Sinn Fein, mais néanmoins charmante, qui su prendre le temps de nous expliquer en quelques mots les convictions qu’elle défendait et les reproches qu’elle adressait au gouvernement britannique. Nous aurions certainement prolongé cette discussion et pris le temps de réaliser une interview en bonne et due forme, si le bateau qui devait nous ramener à Holyhead n’avait pas été imminent.

Du chemin qui nous ramena en France directement depuis Holyhead, il n’y aurait pas grand-chose à dire (départ 18h00 du Pays de Galle, arrivée le lendemain matin 9h00 à Paris) si nous n’avions eu à passer une nouvelle fois devant la Police à Douvres… A 3h00 du matin, on aurait pu penser le zèle des douaniers éteint. Pensez-vous ! Devant nos faces mal rasées, nos deux passeports manuscrits et tamponnés de pays aussi exotiques que le Cambodge, l’Egypte, ou l’Afghanistan, la méfiance instinctive des douaniers d’un pays en guerre se réveilla prestement. Après une courte attente, un agent d’un autre service vint nous expliquer qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, qu’il y avait juste quelques vérifications à effectuer. Ces vérifications ont quand même duré une heure après laquelle il nous a fallu expliquer ce que nous étions venus faire en Angleterre : « Tourisme », où nous avions dormi : « Au grand air », pourquoi nous avions tant de tampons : « Tourisme » et si nous pouvions ouvrir le coffre : « Off Course !»
On m’avait bien dit que les passages de frontières seraient parfois difficiles sur le voyage, mais je ne pensais pas que ça commencerait si tôt… ! Cette dernière formalité passée (sans encombre, rassurez-vous, nous étions vierges de tout soupçon) nous avons donc pris le ferry, puis roulé jusqu’au matin, dans le soleil levant, vers la Capitale quittée exactement une semaine auparavant ! En attendant de repartir, d’ici quelques mois, pour la Chine, et pour 11 mois !