12 Mars, Hué – Ho Chi Minh Ville – Phnom Penh, c’est long !


Je le disais, François et Isabelle m’avaient indiqué un moyen agréable de remonter le Mékong jusqu’au Cambodge, avec cet autre avantage de pouvoir confier les formalités liées à ma demande de visa pour le Cambodge (25$) à l’agence qui me vendrait, pour 25$, la formule tout compris Saigon-Phnom Penh. Je prenais donc le train à Hué vendredi matin, conscient qu’arrivant le lendemain matin à la capitale économique du Vietnam, il me faudrait attendre le lundi pour les formalités de visa auprès du consulat khmer. Ce serait autant de temps pour visiter la ville.

Mais d’abord le train… 19 heures, franchement, ce n’est plus ça qui me fait peur ! Je note au passage qu’à l’instar de leurs cousins chinois, les vietnamiens s’entassent devant la porte qui libérera les passagers vers le quai, et passent de préférence en force lorsque celle-ci s’ouvre, vingt bonnes minutes avant l’arrivée du train en gare… Ca valait bien la peine de se presser ! Après, le train, c’est à peu près kif-kif, sauf que pour un prix légèrement supérieur à ceux pratiqués en Chine, le billet comprend autant de repas servis que la durée du trajet l’implique. En l’espèce, un déjeuner, un dîner, une bouteille d’eau potable à quatre heures, mais point de collation avant d’« aguarir » à 5h00 du matin.  


Train Hué Saigon
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 Je fais compartiment commun cinq locaux, une jeune fille manifestement mal en point, qui restera couchée jusqu’à l’arrivée, un jeune cadre sympathique mais pas très causant, deux vieilles femmes pas très sympathiques et un peu trop causante, surtout la nuit et surtout l’une, l’autre s’avérant être la femme du dernier voyageur, un vieux médecin, qui plutôt que de s’occuper de la jeunesse en détresse, me propose dès le train ébranlé de goûter un jus de sa fabrication, très bon pour la santé, dont l’odeur n’est cependant pas sans me rappeler l’odeur d’un vieil alcool de serpent dernièrement testé à Hanoi (et préalablement en Charente, c’est dire…) Comme d’hab, c’est la première goulée la plus dure, après les tissus sont habitués, ou plutôt sont insensibilisés, et ça rend le voyage plus court !

Trop court, même parce qu’en arrivant à cinq heures à Saigon, on regrette de n’avoir pas une heure ou deux pour finir la nuit, et pour attendre surtout que la ville se réveille pour savoir où poser son sac et comment procéder pour la suite…

Une moto me dépose avec armes et bagages au pied d’une agence sensée vendre ce genre de prestation, il ne me reste plus qu’à attendre que le soleil et le rideau de fer se lèvent. Ce qu’un couple de personnes très très âgées, moins de trois dents à eux deux, facilitent grandement en vendant sur le trottoir du café noir, bien bien noir… et quelques œufs –frais, semblerait-t-il, puisque je suis toujours là– dont Monsieur confectionne sur commande une omelette véritablement réconfortante en cette heure "matitudinale". C’est donc en savourant cet en-cas qui vaut bien celui de la société ferroviaire nationale vietnamienne que je vois petit à petit débarquer au fur et à mesure que l’heure avance une nuée de touristes, qui me laissent à penser que j’ai effectivement choisi la bonne agence… 


Une vue du train

Du lever de rideau à 7h00, c’est aussitôt un ballet incessant de bus qui viennent prendre leur ration quotidienne de touristes pour les « One – Two or Three days Tours » dans la ville, dans la région proche, ou sur le Mékong… là où je dois aussi me rendre… Je suis touriste comme tout le monde, ok, mais si je peux éviter ces transports de troupe…

Or, ça tombe quand même bien… la jeune fille de l’agence me précise qu’un bus quitte Saigon pour Phnom Penh à 8h45, que pour 6$ je peux y trouver ma place, et qu’en plus le visa me sera délivré à la frontière, sans problème… Ni une, ni deux, j’achète ! Tant pis pour Saigon, que je verrai une autre fois, je rempile pour 9h00 de bus (dont une passée à la frontière pour obtenir le fameux sésame) et me voici sans encombre le soir même dans la capitale khmère, que je retrouve presque deux ans jour pour jour après y avoir déjà séjourné avec ma sœur, alors en mission humanitaire dans une autre ville de ce petit pays.


Revenez sur vos pas vers Hué

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