25 Février – 3 Mars, Hanoi, bon pied bon œil indispensables


Ahhh… noï ! Quel plaisir de vivre enfin dehors, de sentir la vie contenue jusque là par les rigueurs de la météo déborder enfin en tous coins. Aux abords de ses nombreux lacs jusque dans ses moindres ruelles, sous ses airs de province et de grand marché permanent, la capitale vietnamienne se présente sous les meilleures auspices…C’est l’idée que j’ai en arrivant à l’aéroport après deux heures d’un vol sans histoire depuis Hong-Kong. Rendez-vous était pris depuis la veille avec Alexis, qui devait arriver à 20h00 heures également en avion d’Ho Chi Minh Ville puis me ramener chez lui où seraient femme et enfants… Mais voilà, après tout ce vol sans problème, il faut bien un peu d’aventure. Aussi l’avion d’Alexis est-il annoncé avec deux heures de retard (ce qui m’en fait 6 à l’attendre). Et Hanoi International Airport, ce n’est quand même pas une plaque tournante telle qu’on y puisse se promener trop longtemps sans revenir assez vite au point de départ ! Mais un monsieur d’ici m’approche avec un papier portant mon nom. « Are you the friend of Alexis ? » Trop heureux d’échapper à l’attente qui s’annonce, je me garde bien de lui expliquer qu’ami, c’est peut-être un grand mot pour qualifier quelqu’un dont je ne connais finalement que le mail, transmis par son frère, qui se trouve être aussi mon vieil ami Rémi, lequel m’a d’ailleurs fait part la veille de la naissance de sa deuxième fille… Voici une heureuse nouvelle à fêter avec Alexis et sa femme Emmanuelle…

Dui, (qui se prononce Zui, allez comprendre) me propose justement d’aller chercher Emmanuelle à la sortie d’une réunion de parents à l’Ecole Française. Oui mais voilà, la réunion s’éternise, et finalement Emmanuelle me prévient qu’il serait préférable que je rentre seul chez eux (enfin seul, drivé par Dui, car pour se repérer seul dans Hanoi…), où je libèrerai la nounou en attendant leurs retours.


Le musée d'éthnographie de Hanoï

Et c’est donc moi, en cette première soirée au Vietnam, qui finalement accueille chez eux des gens que je ne connais pas et qui sortent bien tard du boulot…

Maison, accueil (différé, mais parfait), tout est une fois encore bien au delà de mes espoirs. C’est donc gonflé d’énergie que je pars le lendemain à la découverte de cette ville que je devine brouillon, grouillante, riche d’odeurs et de saveurs, bref,  cette ville qu’il me semblait avoir perçue depuis l’aéroport !

Et je ne suis pas déçu. Parce qu’évidemment on s’y perd. Le dédale des ruelles du vieux centre regorge de boutiques et d’échoppes, de petits coins où déguster un fameux thé vietnamien (auquel les gens ont malheureusement parfois tendance à préférer le Lipton Yellow, gage présumé de sérieux et de qualité… Coca n’est donc pas le seul travers de la mondialisation..!). Dans les quartiers « officiels », les grandes avenues débouchent sur de grands monuments, héritages du passé colonial pour certains, constructions plus récentes de style révolutionnaire pour d’autres. Au rang des premières s’élèvent entre autres l’Opéra bâti sur le modèle du Garnier de Paris, une cathédrale d’un triste néogothique bâtie en 1886 sur l’emplacement de ce qui fut dit on une des plus vénérable pagode de Hanoi, ou l’ancien Palais du Gouverneur Général de l’Indochine, aujourd’hui transformé en résidence de luxe pour les hôtes officiels du régime (que fût notamment le président Mitterand en 1993 !),

Dans la seconde catégorie se trouvent le Musée d’Ethnographie qui propose dans un agréable mélange quelques maisons traditionnelles des minorités vietnamiennes autour d’un bâtiment plus… lourd, où sont très intelligemment présentées les quelques 85 ethnies que compte ce pays… ; le Mausolée d’Hô Chi Minh, dans lequel repose embaumé l’Oncle Hô, livré à la dévotion parfois, à la curiosité plus souvent, des visiteurs de passage, en rangs par deux, dans le silence et le recueillement, sous la haute protection d’une garde rapprochée soucieuse tant de la circulation continue du public que de sa bonne tenue, ni tête couverte, ni main dans les poches, ni bavardage intempestif.


Le mausolé d'Hô Chi  Minh

Et pour aller de l’un à l’autre, point n’est besoin de se casser la tête en quête d’un quelconque moyen de locomotion : à chaque coin de rue attendent deux, trois, cinq ou dix Xéom (prononcez céom, si vous souhaitez être entendu !), petites moto 125 cm3 où montent indifféremment le conducteur, le passager, un, voire deux ou trois autres éventuellement, quelques poulets et cochons à l’occasion, ou toutes sortes enfin de chargements bizarres, de la nasse en osier pour pêcheurs (jusqu’à 700 sur un véhicule…) aux brassées de fleurs multicolores, en passant bien sur par les demis porcins tout droit sortis d’équarrissage, les cageots de vaisselle plus haut que des camions…

Et tout ceci circule dans un joyeux désordre, démarre à gauche pour traverser vers l’autre bord de la chaussée, prend les sens interdit pour éviter le fastidieux détour, klaxonne à tout bout de champ pour prévenir les autres alentours, klaxonnant eux aussi… Inutile de préciser qu’une attention permanente, un œil ici et l’autre là, une oreille à l’affût, un pas alerte et un pied assuré sont autant d’éléments indispensables pour envisager de sortir à Hanoi. La ville compte un peu plus de trois millions d’habitants, qui totaliseraient plus d’un million de deux roues.. ! Auxquelles s’ajoutent quelques voitures, évidemment, des camions et des bus, des vélos et des cyclo-pousse…

A propos de cyclo-pousse, me permettra-t-on de faire une courte parenthèse pour dire ici que c’est au génial Maurice Coupeaud, inventeur charentais, que l’on doit cette invention ? Combien de générations de coolies, tirant auparavant le passager à la force des bras, lui doivent cette amélioration de leurs conditions de travail depuis 1938 ? Est-il un monument, une rue ou un musée qui porte son nom dans notre (la sienne et la mienne) Charente natale ? Fera-t-on quelque chose enfin pour qu’à son nom soit rendu l’hommage qui convient ???


La circulation dans Hanoï

Aux visites succèdent les promenades, je déambule une journée dans les rues de Hanoi, mangeant quelque plat de nouilles ici, buvant quelques thés là, m’arrêtant plus loin pour explorer une pagode, plus loin encore pour une petite bière locale (Ha Noi Bier, oui !) ; un autre jour c’est hors de la ville, dans un village de potiers d’abord, ou, accompagnant la famille au grand complet, Antonin, Jeanne, Maud, Emmanuelle et Alexis, dans la campagne entourant Co Lao, une vieille citadelle vietnamienne. Le temple autant que les rizières sont fréquentés en ce dimanche, ici les gens se plient en deux, l’encens à la main, pour honorer les ancêtres, là, toujours pliés sous leur chapeau conique, ils s’occupent à replanter le riz qui fournira la prochaine récolte, et qui vaut au pays d’être au monde le cinquième producteur et le second exportateur, après la Thaïlande.

Autre record dont le pays tire un orgueil justifié : avoir la plus belle Baie d’Along au monde, classée patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994. Je suis passé à Beijing sans aller voir la Grande Muraille, privilégiant la visite des Hutong en voie de disparition à celle d’un mur en voie de réfection… je ne peux tout de même pas faire de ces écarts aux grands axes touristiques une constante ! Je me décide donc à prendre un Tour Organisé dans une des nombreuses agences du vieux quartier.

Un, deux ou trois jours..? Deux ou trois me plairait bien, mais si je dois partir pour Hué, et d’ici là rencontrer les responsables de l’association Coup de Pouce qui vient en aide aux populations vietnamiennes en difficulté (présentée dans les Chroniques Solidaires de ce site) je n’aurai malheureusement qu’une seule journée à consacrer à cette excursion. Qu’à cela ne tienne, va pour une journée !

 


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3 Mars, la Baie d’Along, en allemand « die Bucht von Along »


Rendez-vous pris pour 7h30 du matin à l’agence, programme annoncé : trois heures de bus pour aller à Halong City, déjeuner sur la Jonque, 4 heures de ballade sur la Baie, back home vers 19h00..! A 7h20, évidemment, pas d’affolement dans chez A-Z Travel où je semble être le seul à partir ce matin. 7h30 non plus. 8h00, on m’annonce qu’on ne va plus tarder (enfin on…je), 8h10 je suis (verbe suivre !) une demoiselle qui m’emmène… sur le trottoir ! A deux rues de là en effet, les groupes sont nombreux et les bus tout autant, mais apparemment je ne suis pour aucun de ceux-là. Vais-je voyager seul ?

Mais non, bien sûr ! Un mini-bus arrive, remplit de cousins Germains et Anglo-Saxons, dans lequel je prends la dernière place disponible, et c’est parti pour quelques heures de route. Les présentations du guide me permettent de comprendre que nous sommes trois à avoir opté pour un voyage d’une seule journée, ce qui impliquera notre exclusion du groupe à l’arrivée ! Nous faisons halte au bout d’une heure trente auprès d’un grand hangar estampillé Croix Rouge, où les bus déversent chacun leur flot de touristes directement contre les étals de vendeurs sensés proposer les produits faits mains par de jeunes handicapés… Permettez moi d’aller prendre un thé chez une vieille à côté pendant ces 20 minutes de pause.

 


Mythique baie d'Along

A l’arrivée en effet, nous sommes trois mis à l’écart, Sabine, Saskia et moi… Un nouveau guide nous conduit sur un bateau où nous resteront finalement entre nous pendant la journée. Tant pis…! Dire que je n’ai rien vu de la Baie serait évidemment exagéré, mais il faut reconnaître que j’ai enfin pu me remettre à l’Allemand, ce qui me manquait tant !

Raconter la Baie d’Along serait à la fois difficile et prétentieux, je renvoie les curieux vers Indochine, le film de Régis Warnier, et plus modestement vers quelques photos de la galerie. Il me suffira pour donner une idée de ce que fut la journée de dire que ce bateau pour une douzaine de personnes nous était tout alloué, que le repas de fruit de mer nous fût servi à l’intérieur, le café sur le pont supérieur, que le soleil nous suivit partout, excepté dans les deux grottes que nous visitâmes dans un de ces pains de sucre au beau milieu de la mer. Quatre heures, à plus d’un titre, furent bien courtes pour cette ballade, mais ainsi va la vie du Cortour… A peine arrivé qu’il faut déjà réfléchir à la suite ! Ce que je suis précisément en train de faire.


Revenez sur vos pas vers Honk Kong

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