Dalian, ses plages, sa douceur de vivre, son équipe de foot, ses influences tant russe que japonaise et, paraît-il, ses femmes qui ont la réputation d’être les plus belles de Chine… Une chose est sûre en tout cas, je (re)découvre à Dalian une douceur de vivre que je n’ai plus connue depuis les premiers jours de ce Cortour !
Dalian: son amour pour le foot...
L’air marin, sans doute. Et incontestablement l’accueil royal que m’avait réservé le directeur de la toute nouvelle Alliance Française de Dalian. Royal… Impérial, devrais-je dire, puisqu’il s’était entre autre occupé de me réserver un hôtel à deux pas, et dans ce « petit » hôtel (le Dalian Hôtel, pour faire simple) la « chambre de l’empereur », celle qu’occupa jadis PuYi, dernier empereur en exil chassé de la Cité Interdite. Je ne m’étendrais pas sur cette page d’histoire, ceux que le sujet passionne se réfèreront bien sur à l’incontournable monument cinématographique de Bernardo Bertolucci, dont certaines scènes ont d’ailleurs été tournées dans l’hôtel précité. Bref, après avoir pris possession de mes appartements et manqué de me perdre entre la douche et le living…, le restaurant en compagnie de Christophe Dreyer (le directeur de l’Alliance…) est une vrai moment de plaisir. Parce qu’il y a quelques jours déjà que je mange seul dans les gargotes chinoises ici et là, certes, parce que les fruits de mer dont le restaurant Yin Yin s’est fait une spécialité sont également un véritable délice. Le Poisson Jaune à la vapeur, le Concombre de mer (non, ce n’est pas un légume…), la soupe de coquillages, bref, tout ce qu’il faut pour renouer avec les joies de la table et se préparer une bonne nuit de sommeil dans les draps de l’empereur…
Bon, je sais, tout ceci ne fait pas très aventureux, mais il n’est pas nécessaire de dormir chaque jour dans un hamac pour avoir une chance de retrouver la trace d’un marin…
Une petite ville de 5 millions d'habitants
Je découvre le lendemain Dalian, une petite ville chinoise d’à peine 5 millions d’habitants, qui fêtait son premier centenaire d’existence il y a quelques années seulement ! "Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas…" Posée sur une avancée de terre, Dalian est prise par la mer du nord au sud en passant par l’ouest. Au nord se situe plutôt la zone portuaire, une des plus importantes et actives de Chine, à l’Ouest et au Sud s’étendent les vastes plages qui font le bonheur des Dalianais aux beaux jours, et pas seulement aux beaux jours, puisque j’en ai rencontrés qui se baignent régulièrement tout au long de l’année dans une eau à quelques degrés ! Au sud aussi se dresse… non, pas se dresse, mais se situe une place dont la cité tire une grande fierté : la plus grande place du monde, « plus grande que le place Tienanmen » ! Début février, aux alentours du Nouvel An Chinois, c’est d’autant plus grand que c’est vide !
Le cœur de la ville est assez ramassé, et se visite très bien à pied. Quand ce ne sont pas de grand building qui ici et là poussent aussi vite que dans les autres villes jusqu’alors traversées, le mélange des styles et des époques et tout à fait intéressant et agréable. Les luttes d’influences que se livrèrent pendant toute la première moitié du XXème siècle Russes et Japonais ont laissé leurs traces architecturales. La principale rue russe opposant ses maisons colorées à l’uniformité de la rue japonaise, chacun des deux quartiers ayant cependant derrière ces façades soignées toute une série de maisons également stylées mais plus aléatoirement entretenues. Il est toujours intéressant d’aller gratter un peu le vernis…
Architechtures russe (à gauche) contre japonaise (à droite)
Par l’intermédiaire de Christophe, je rencontre ici Qi Bin, responsable du jumelage entre Dalian et Le Havre, deux villes portuaires aux problématiques assez similaires. Sa parfaite connaissance du français d’une part, de la ville de l’autre, sont deux trésors qui me permettent de « voir » la Chine à travers le regard d’un autochtone, et de découvrir plus aisément la vie nocturne de Dalian. Du 56ème étage de la plus haute tour de la ville, c’est très beau ; du sous sol d’un immeuble apparemment classique qui s’avère être un pub « à la mode de chez nous », c’est très vivant. Et l’on n’en dort que mieux dans les fameux draps de l’Empereur.
La plus grande place du monde à Dalian
A l’Alliance, je participe à la dernière journée de cours avant les quinze jours de vacances du Nouvel An Chinois. Entre un apprentissage du français très dynamique où les élèves prennent tour à tour la parole au cours de petites scénettes et l’atelier crêpes du déjeuner où chacun apporte la main à la pâte… je fais la connaissance d’un groupe très motivé, très curieux de découvrir les mœurs et la culture de notre pays, ayant pour beaucoup l’espoir de venir poursuivre chez nous quelques études ou d’immigrer vers le Québec qui accueille volontiers les ingénieurs et techniciens étrangers. Après un début prometteur (ouverture du centre en janvier 2005, 54 élèves inscrits lors de la première session), si l’Alliance Française a prochainement des problèmes ici, ce sera certainement plus pour les accueillir que pour savoir où trouver ses candidats…
Je ne pouvais finir ce passage dans le nord de la Chine sans tenter ma chance dans les Traces de Corto, dont il est dit qu’il cherchait à gagner l’Afrique par Port-Arthur après la débâcle de Moukden (cf. « La Jeunesse de Corto Maltese »).
Oui, mais voilà, Port-Arthur n’est plus, aujourd’hui Lüshün a remplacé ce nom sur les cartes, et selon le Lonely Planet, « n’essayez pas de vous diriger vers le sud-ouest, … considéré comme une zone militaire sensible, ce quartier qui comprend celui de Lüshün (Port-Arthur) reste en effet interdit aux étrangers… »
Ben alors, que faire… ?
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