Malgré les louanges répétées du chauffeur de bus cambodgien pour l’hôtel "Capitol" dont dépend la compagnie de transport qui nous mène de la frontière (Bavet) à la Capitale (Phnom Penh), je fais le choix de suivre les conseils prodigués depuis Hanoi par BounTieng, que m’a fait connaître ma sœur Estelle, qui m’a lui même permis de rencontrer François et Isabelle à Hué (bref, les amis de mes amis… toujours !) La "Lucky Guest House" tient toutes les promesses que son nom laissait présager, puisque dans la petite chambre à 5$ équipée d’un seul ventilateur, la télé câblée s’allume par je ne sais quel miracle lorsque je sors de ma douche sur le match de rugby Irlande-France que diffuse une chaîne écossaise… C’est la mi-temps, certes, mais nous menons, et lorsque par hasard je zapperai le lendemain, TV5 sera justement en train de rediffuser la première partie de ce match qui, une fois encore, pose une question cruciale sur ce jeu à XV : 80 minutes, n’est-ce pas un peu long ??? Il semble désormais clair que chaque équipe se réserve pour une seule mi-temps, et nous semblons avoir pris la mauvaise habitude de tout donner en première, ou en troisième, mais rien entre les deux… Mais c’est un vaste débat, que je ne trouve personne ici pour alimenter, j’en resterai donc avec mes questionnements pendant quelques mois encore !
Phnom Penh, pour ceux qui ne connaissent pas, à la particularité d’être sillonné d’artères plus ou moins vastes, et plus ou moins goudronnées. Plutôt moins que plus d’ailleurs… Pour schématiser, les quelques gros axes sont baptisées de nom précis, essentiellement issus de l’histoire (Boulevards Sihanouk, Monivong) ou des affinités qui ont marqué le pays (Boulevard de France, Mao Tse Toung, de la République Populaire de Pologne). Les autres, de loin les plus nombreux, répertoriées par numéro (rue 106, rue 578), sont le plus souvent des rues en passe d’être goudronnées. En passe de, en passé d’avoir été, ou en impasse d’être, quoiqu’il en soit résulte de cette configuration une poussière omniprésente qui donne parfois à la capitale khmère un petit air de Paris-Dakar, surtout au soleil couchant…
Riche du passé qui unit le Cambodge à la France, bénéficiant de l’affinité culturelle toujours affichée par l’ancien roi Norodom Sihanouk, la communauté française est ici très présente et très active. Vitrine la plus visible, le journal cambodgien en langue française, Cambodge Soir, donne chaque jour une présentation générale de l’actualité mondiale, asiatique et khmère. Disponible dans les kiosques, au centre culturel français ou dans de nombreux hôtels, il est également proposé par de nombreux jeunes vendeurs qui se promènent avec leur lot de quotidiens dans la rue. Après que je lui eu refusé deux jours de suite le Cambodian Daily qu’il s’évertuait à me tendre, celui qui arpente le trottoir en bas de l’hôtel est venu ce matin me trouver en arborant fièrement l’exemplaire de Cambdoge Soir du jour, répondant à mon signe de tête par un sourire aussi radieux que celui évoqué un peu plus haut ! C’est pas si dur de faire plaisir, et dès le matin, ça met en forme, promis…
Le musée nationnal
Au rang des manifestations culturelles qu’organise le centre français du même nom, une soirée cirque dimanche 13 m’a permis de rencontrer la troupe qui, rentrant le lendemain dans l’hexagone, venait de passer quinze jours au Cambodge, dont une dizaine auprès de l’association que je visiterai un peu plus loin dans mon voyage, à Battambang : Phare Ponleu Sepak. Un autre projet passionnant que je présenterai volontiers en son temps…
Et toujours sur l’initiative du centre culturel dans le cadre du festival Cinémékong, pour le Cinéma des pays francophones d’Asie du Sud Est, une projection en plein air du film de Jean-Jacques Les Deux Frères, que je n’avais pas vu à sa sortie… Et en plus, c’était gratuit… ! Seul petit raté, imputable à Padchance dont c’est souvent la faute, la programmation du film Corto Maltese le matin de mon arrivée, à laquelle je n’ai évidemment pu assister, ni apporter ma caution ô combien valide…
Espérons tout de même que ce rapport guigne-bonne nouvelle ne changera pas, et tout devrait continuer à bien se passer… D’ailleurs, je viens de recevoir un mail de l’Ambassade du Turkménistan à Paris : la demande de visa que j’y ai déposée mi-décembre vient d’être accueillie favorablement par le conseil réuni à Achgabat pour en délibérer. C’est dire si la chance est ma compagne !!!
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