5-12 Septembre, Kenya’rcanes administratives !
J’avais, pour quitter Dar es Salaam, pris toutes précautions utiles, et réservé bien à l’avance une place dans le bus qui rejoint Nairobi en douze heures, juste derrière le chauffeur pour avoir le loisir d’étendre mes jambes et d’observer le paysage. Rendez-vous à 7 heures à la gare routière, j’y suis, elle est immense, je cherche et finalement trouve mon bus, pose mes bagages en soute et monte à ma place… occupée ! Je cherche le chauffeur, qui me déclare un peu gêné que son bus est plein en effet, mais qu’un confrère auprès duquel il va me conduire me prendra volontiers à son bord. Du surkooking dans les bus, je n’avais encore jamais vu ça… Au final, après discussion et quelques mensonges éhontés de sa part, je finis par prendre place dans un nouveau bus sans la clim qu’il m’avait vendue, au milieu de la banquette tout au fond, entre quatre mastards chacun deux fois plus imposants que moi… Pour finir, nous partons évidemment avec une heure de retard, dans ce qui s’avèrera être le plus lent de tous
les cars de la terre, alors que j’ai déjà calé mon rendez-vous à l’arrivée et plus moyen de prévenir du délai que nous sommes en train de prendre par rapport aux prévisions initiales…
Bref, ceci ne m’a toutefois pas empêché d’apprécier la beauté des paysages traversés sur les plateaux du grand Rift, et même de regretter un peu en les traversant si vite de ne pas avoir le temps de m’y arrêter un moment.
Arrivé à Nairobi, le soir dans la nuit noire, dans un quartier notoirement risqué de cette capitale réputée pour être des plus dangereuse d’Afrique…, je suis recueilli, tel l’oiseau tombé du nid, par Flo & Clo, un couple d’amis d’amis (on ne change pas d’habitude aussi vite que de continent, dans le cortour…), qui me sortent aussitôt de tous ces dangers en m’amenant dans leur home sweet home au cœur des quartiers résidentiels "sécurisés". Florian travaillant, comme beaucoup d’expatriés ici, au siège de l’ONU Habitat, l’organisation internationale impose à ses salariés une protection maximale, qui frise parfois avec la paranoïa, mais il paraît que c’est le prix de la sécurité dans cette ville qui abrite le plus grand bidonville d’Afrique. Forcément, tant de richesses exposées, ça attise les convoitises ! Mes hôtes ont pleinement conscience des excès liés à la présence massive de tous ces fonctionnaires internationaux, du décalage des niveaux de vie et des frustrations qu’elle engendre… Ainsi passons nous d’agréables moments à partager autour de quelques verres de vins sud-africains une discussion extrêmement enrichissante.
J’ai prévu de passer seulement deux jours ici, le temps d’obtenir au consulat d’Ethiopie une extension de trois jours pour mon visa valable jusqu’au 9 septembre. C’est évidemment compter la simplicité des démarches administratives ! « Prolongation de visa, ça ne se fait pas. Nouveau visa, oui, mais il faudrait pour cela, mon cher Monsieur, que votre passeport soit valable plus de six mois après le terme du délai auquel vous donne droit ce visa… » Quelqu’un m’expliquera-t-il un jour à quoi sert une date de validité si six mois avant déjà le passeport n’est plus d’aucune utilité..?
Bon, qu’à cela ne tienne, je vais donc me rendre à l’ambassade de France pour demander s’il n’aurait pas la gentillesse de me proroger mes papiers pour une période de six mois. Dans mon esprit simpliste, il suffirait d’apposer dans la case prévue à cet effet la date du… 31 mars 2006 par exemple, et de tamponner en dessous… C’est évidemment compter la simplicité des démarches administratives ! « Prolongation de passeport, ça ne se fait pas, d’autant que le votre est un ancien modèle. Passeport d’urgence, oui sur le modèle de l’ancien d’ailleurs, mais il faudrait pour cela, mon cher Monsieur, que vous n’ayez pas déjà fait une demande de nouveau passeport, lequel vous attend en France depuis votre départ… Faites le vous envoyer par courrier, c’est le plus simple…» Quelqu’un m’expliquera-t-il un jour pourquoi, quand les problèmes paraissent simples à résoudre, le contact avec l’administration semble obscurcir la solution a priori limpide..?
Le résultat de tout cela, c’est qu’au lieu des deux jours envisagés, le séjour a duré une bonne semaine, et l’expédition des papiers coûté plus du prix d’un passeport neuf, et deux fois plus, au minimum, que le passeport d’urgence qu’aurait peut-être pu me délivrer la fonctionnaire de service si, cher Monsieur, je n’avais pas eu…
Ce délai m’a tout de même permis d’aller en compagnie de mes hôtes faire une ballade le long du Rift Africain, le temps d’un week-end ensoleillé (ah oui, parce qu’à Nairobi, c’est encore un peu l’hiver, et s’il ne fait qu’un froid relatif, il pleut cependant régulièrement, et le soleil, majestueux, ne fait que de trop rares apparitions, après s’être bien fait désiré…) L’occasion donc de découvrir les paysages somptueux des grandes plaines kenyanes ainsi que les reliefs des "Hills"avoisinants, décors superbement évoqués par Karen Blixen et si admirablement portés à l’écran dans le film Out of Africa, avec Miss Meryl et son ami Robert… Balade terminée sur les bords sulfureux, pardon, sulfurés du lac Magadir, où, tandis que les hommes exploitent les
ressources naturelles du site dans un douteux respect de l’environnement, les flamands rose continuent à affluer par milliers, ce qui donne au coin un petit air de paradis terrestre qu’il est bien difficile de quitter…
Mais la route est encore longue, et comme je reçois finalement mon passeport à Nairobi, je peux aller m’enquérir d’un nouveau visa auprès du consulat d’Ethiopie, et consécutivement me rendre à la rencontre des Carayous et autres Afars qui font paisiblement paître leurs troupeaux dans la région d’Awash. Paisiblement, c’est ce que nous verrons..!
Remontons ensemble pour terminer le tour d'Afrique en Ethiopie
ou revenez frissoner en Tanzanie
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