Les Enfants de Hong-Kong au secours de ceux du Ningxia



(photos Anne-Marie Bordas)


« Fils de césar ou fils de rien, tous les enfants sont comme le tien… » chantait le grand Jacques. Bel idéal que les élèves du lycée français de Hong-Kong essayent d’appliquer en venant en aide à l’association « Enfants du Ningxia » fondée par le journaliste français Pierre Haski après avoir découvert leurs conditions de vie au travers du Journal de Ma Yan…


Ma Yan, fille de paysans pauvres de Yuwang au nord-ouest de la Chine, dans la province du Ningxia, apprend un jour que sa famille n'a plus les moyens de l'envoyer à l'école. Elle a quatorze ans, et tous ses rêves s'effondrent. Elle écrit pour crier sa révolte. Bouleversée par ce désespoir, sa mère confie la lettre et trois carnets du journal intime de sa fille à des français de passage dans ce village du bout du monde. Parmi eux, Pierre Haski, correspondant du journal Libération en Chine... Son article de janvier 2002 crée un rapide mouvement de sympathie à l’égard de cette enfant. En l’absence d’organisation de solidarité dans cette région, des âmes charitables choisissent d’offrir des bourses scolaires aux enfants -surtout les filles- exclus du système éducatif, à commencer bien sûr par Ma Yan, figure symbolique de ce combat.  


Sur la route de l'école

Vingt bourses ont ainsi été versées moins de deux mois après la parution de l’article. Quatre cents à la rentrée 2004… Constituée en association depuis octobre 2002, Enfants du Ningxia suscite la sympathie par le but qu’elle vise et l’indignation face à la situation qu’elle combat.


Choqués par ce qu’ils découvrent, les élèves français décident de s’engager


Professeur de chinois au Lycée Français International de Hong-Kong, Anne-Marie Bordas est d’autant plus sensible à la situation qu’expose un jour Pierre Haski dans son établissement qu’elle a déjà vécu en Chine dans les années 80. « Cela a été un choc de découvrir qu'un des effets des réformes économiques et de l'ouverture avait été de fragiliser l'accès à l'éducation des enfants et en particulier des filles » dit-elle. « Que les histoires des filles mariées de force à 15 ans étaient encore d'actualité dans certaines régions de Chine, j'avais du mal à le croire, comme nous avons du mal à le croire et l'admettre dans un pays dit communiste où l'égalité de droit devrait être garantie... »

 


Ramassage scolaire

 

Aussi choqués que leur professeur, certains élèves décident en concertation avec elle d’entrer en contact avec les enfants du collège où étudiait Ma Yan. Des actions sont organisées par l’ensemble de la communauté scolaire, des professeurs aux élèves en passant par les parents, pour sensibiliser le plus de gens possible à cette cause tout en récoltant des fonds pour soutenir directement l’action d’Enfants du Ningxia. Stand sur la kermesse pour présenter l’association, soirées théâtre ou cinéma à son profit, sollicitation d'autres Français au consulat ou dans les associations de Français à l'Etranger permettent de récolter 32 000 HK$ (environ 3200 €) en 2004.

Les élèves décident alors d’aller rendre visite à Ma Yan et ses petits camarades fin mai 2004… « Il s’agit pour moi, explique leur professeur de chinois, d'entraîner les jeunes dont nous avons la charge vers des actions solidaires et citoyennes. Nous sommes un lycée très riche, sa population n'a aucune idée de la pauvreté sinon à travers les reportages, les jeunes ont à peu près tout ce qu'ils peuvent désirer sur le plan matériel et vivent dans des conditions de confort maximales.

La plupart des élèves ne connaît pas la Chine, et ceux qui la connaissent n'en ont vu en général que les grandes villes ou les régions très touristiques. J'avais envie qu' ils puissent voir une autre Chine avant de quitter Hong-Kong [les parents de beaucoup de ces élèves y sont en effet envoyés pour une mission professionnelle de quelques années seulement] ; que "les pays du sud "dont on leur parle en cours de géographie ne reste pas un simple mot mais qu'ils touchent du doigt une réalité sur laquelle demain, peut-être, ils pourront agir. »


Nouveau voyage, nouveaux projets en perspective


A ce titre le premier voyage a semblé très bénéfique. Et pas seulement pour les jeunes hong-kongais… Pour Anne-Marie Bordas, « il y a du côté des enfants de Yuwang un réel besoin de s'ouvrir au monde, de rencontrer d'autres adolescents, cela m'a fait l'effet d'une bouffée d'oxygène dans les deux sens. Cette année, j'ai donc le projet d'emmener à nouveau des élèves dans cette région et j'espère pouvoir aboutir. »

 L’association que soutienne ces élèves poursuit également divers projets pour élargir son action. Comme elle l’explique sur son site internet, http://www.enfantsduningxia.org : « Il s’est en effet révélé indispensable de proposer également des projets qui touchent collectivement les villageois, et pas seulement quelques familles choisies, car notre intervention, dans cette zone très isolée du Ningxia, a bien sûr suscité autant de satisfaction que de frustrations. (…) nous avons notamment pensé, après discussion avec les villageois, nous attaquer au problème de l’eau, l’autre grand souci des villageois après l’éducation… »

Si la première tentative de creuser un puit s’est finalement révélée inefficace, l’énergie est là pour tenter une seconde fois à la place de celui qui s’est écroulé il y a cinq ans, des contacts ont également été pris avec d’autres associations penchées sur ce grave problème de l’eau (au Burkina Faso notamment…, et Enfants du Ningxia développe enfin aujourd’hui des projets pédagogiques de sensibilisation et d’éducation auprès des élèves français…

« Fils de bourgeois ou fils d’apôtre, tous les enfants sont comme le votre… ! »



Tous les moyens pour lui venir en aide, et par là aux enfants défavorisés de cette région pauvre du nord de la Chine, sont donc les bienvenus…

Vous trouverez à cette fin les coordonnées bancaires de l’association sur son site

Les chèques, à l’ordre de « Enfants du Ningxia », peuvent également être envoyés au siège :

Enfants du Ningxia,

45 rue Notre-Dame de Nazareth,

75003 Paris.


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