La "Boulangerie Française", la main à la pâte pour sortir du pétrin…


Hué, ville de 200.000 habitants au centre du Vietnam, ancienne capitale impériale du pays, a perdu plus que ses têtes couronnées depuis le siècle dernier. Après deux guerres et plusieurs années d’économie ralentie, cette ville abrite une importante population défavorisée ainsi qu’un bon nombre d’orphelins. La "Bou" est un centre de formation aux métiers de la… Boulangerie ! visant à offrir un métier porteur aux jeunes en difficulté de cette ville.

C’est en 1998, au cours d’une mission de réhabilitation d’un orphelinat de Hué pour l’association Aide à l'Enfance au Vietnam (AEVN) que deux étudiants d’HEC, Jean-Christophe et Thomas, sont confrontés à la marginalisation de ses pensionnaires souffrant d’un manque évident de formation professionnelle. Pour pallier cette carence, ils décident alors de monter un projet d’entreprise-école, qui voit le jour en 1999 sous le nom de Boulangerie Française.


Un atelier et deux points de vente à Hué

15 jeunes bénéficient aujourd’hui de cette formation, encadrés par un formateur issu du même moule, ayant par ailleurs suivi une formation pendant quelques mois à l’Ecole Française de Boulangerie d’Aurillac. Bien que "la Bou" ait élargi le profil de ses apprentis à tout les enfants en difficultés, orphelins ou non, son atelier de production est aujourd’hui encore adossé à l’orphelinat municipal de la rue Chi Lang. C’est là également, au cœur d’un quartier fréquenté quasi exclusivement par la population vietnamienne, que se situe son premier point de vente. Le second, rue Huong Vong, au rez-de-chaussée d’un hôtel au centre de la zone touristique, offre à cette association une vitrine appréciable –et appréciée– à destination des étrangers de passage à Hué.


Construction du nouveau centre

La clientèle des grands hôtels et restaurants, soucieux d’inscrire la baguette française à leur menu, se partage le reste de la production de cette Boulangerie solidaire, entre projet associatif et entreprise commerciale.

« Engagée volontaire » entre deux années d’études pour gérer pendant quelques mois l’activité de la Boulangerie et encadrer son armée de mitron, en compagnie de deux bénévoles comme elle, Blandine explique le fonctionnement de la structure. « Après avoir payé les fournitures, les différents loyers et versé un petit pécule à chaque apprenti, nous dégageons à la fin du mois un petit bénéfice qui est employé à l'amélioration des conditions de vie des enfants de l'orphelinat, que gère le Centre des Œuvres sociales de la Ville de Hué. » C’est d’ailleurs dans les locaux de cette institution que sont encore logés les jeunes apprentis, et que leurs sont dispensés trois fois par semaine des cours de français. Car en plus de faciliter la communication avec les étudiants et formateurs français, ces cours ajoutent une corde indiscutable à l’arc de ces jeunes qui se destinent aux métiers de la restauration.


De nouveaux défis pour assurer l’avenir

Face au succès de cette initiative, la construction d’un nouveau centre est aujourd’hui en cours au sein d’un orphelinat géré par l’association AEVN. A proximité du centre de Hué, il offrira le double avantage d’accueillir les adolescents dans un cadre plus calme que les rues de la vieille ville, et d’héberger le centre dans des locaux neufs parfaitement adaptés à la production boulangère.


Les fournaux à 5 heures du matin

Désormais établi comme centre de formation et de production reconnu à Hué, la Boulangerie doit maintenant répondre à deux véritables défis. Il s’agit d’assurer l’insertion professionnelle de ses apprentis d’une part et de savoir évoluer du stade artisanal vers une production plus professionnelle pour répondre à la demande que sa notoriété génère d’autre part. Au premier point pourraient s’opposer deux écueils : les départements boulangerie-pâtisserie dans les restaurants et hôtels sont aujourd’hui peu nombreux à Hué et les apprentis en fin de formation ont parfois du mal à accepter de quitter cette ville, leur famille ou leur entourage pour aller travailler dans des localités (Hanoi, NaTrang, Saigon…) où le secteur de la boulangerie est plus développé. A ces difficultés vient aujourd’hui partiellement répondre la construction locale de quelques grands hôtels qui prévoient l’embauche de main d’œuvre experte en boulangerie-pâtisserie. Et pour les autres, il n’est pas interdit d’espérer qu’ils surmontent la peur de l’éloignement pour mettre leur acquis professionnel à profit en d’autres coins du pays.


Vente à Chi Lang

Pour assumer son image et sa réputation d’autre part, le déménagement vers le nouveau centre devrait notamment permettre d’assurer une production plus soutenue. A la fermeture du local adossé à l’orphelinat de la rue Chi Lang enfin devrait répondre l’ouverture d’un nouveau point de vente. Soit dans une boutique à proximité d’un marché populaire de la ville, soit au sein d’une ancienne maison restaurée, dans le cadre d’une collaboration avec les services de Coopération Décentralisée de la Région Nord Pas de Calais en charge de la préservation du patrimoine de la ville. Ce qui permettrait à la Boulangerie Française d’asseoir son image et sa notoriété à Hué, auprès des habitants comme des touristes, ce dont les principaux bénéficiaire au bout de compte seraient évidemment les jeunes apprentis de cette entreprise de formation.

 


Pour apporter votre soutien à l’association, vous pouvez contacter

Thomas Behaghel (Président) behaghelt@yahoo.com
Jean-Christophe Vallat (Trésorier) jcvallat@yahoo.com

ou envoyer vos dons (fiscalement déductibles) à

Aide à l'Enfance du Viêt Nam (AEVN),
BP.5
92 Avenue du Général Leclerc
91 192 Gif sur Yvette Cedex

Précisions sur ces questions et sur toute l’activité de ces associations :
La Boulangerie Française sur internet : http://laboulangerie.hue.free.fr 
L’AEVN sur internet : http://www.aevn.org/ 

 

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