Béthel, un espoir luit pour les orphelins aveugles en Chine

Rien ne semblait destiner Delphine et Guillaume Gauvain à devenir parents si vite d’aussi nombreux enfants… Rien, sinon la générosité dont ils font preuve et le souci qu’ils ont eu en s’installant à Pékin d’apporter une aide à ceux qui en avaient le plus besoin… à leurs yeux ! Béthel, l’orphelinat qu’ils ont fondé en 2003, est en effet aujourd’hui la seule maison d’accueil spécialisée pour orphelins aveugles ou mal-voyants en Chine.

        

 

« Après avoir travaillé quelques années dans un centre pour marginaux au Canada, nous sommes arrivés en Asie par Hong-Kong où nous avons passé quelques temps. Puis, en 2001, nous nous sommes installés à Pékin, raconte Guillaume. Là, nous avons cherché un champ d’action vierge, qu’aucune association ne couvrait, et qui représentait donc toute une population laissée à l’abandon… »

Rapidement, l’observation des institutions en place, gouvernementales ou non, a permis de mettre en lumière la carence d’une prise en charge adaptée aux orphelins aveugles dans le système chinois. Au mieux finissent-ils masseurs, mais dans la majeure partie des cas, faute d’attention particulière et de formation spécialisée, c’est la maison de retraite dès la sortie de l’orphelinat.

Delphine et Guillaume ont donc rapidement pris conscience de l’ampleur du vide… et s’ils ne s’en étaient aperçu d’eux-mêmes, le succès immédiat rencontré par leur initiative aurait suffit à le leur apprendre. « Nous avons commencé en 2003 par accueillir trois jeunes de l’orphelinat de Tianjin [ville côtière à l’Est de Pékin] que nous avons logés dans une maison louée à Lang Fang entre Pékin et Tianjin où les loyers sont nettement moins chers,» explique Guillaume. Ils dénombrent aujourd’hui 9 orphelinats partenaires, 26 enfants confiés et deux maisons « Béthel 1 & Béthel 2 » pour héberger cette grande famille.


Un univers familial

Une des convictions de ce jeune couple est la certitude que ce dont ces orphelins manquent le plus, au delà de la lumière ou des parents, c’est d’amour. Leur souhait est donc de recréer au sein de ces deux maisons une atmosphère familiale pour des enfants qui n’en ont jamais connue, et de les entourer d’un véritable amour.

« Ils sont âgés de 9 mois à 17 ans, tous sont aveugles ou mal-voyants, mais douze seulement sont psychologiquement normaux. Les autres sont autistes ou perturbés, ils ont tous subis des traumatismes dans leurs orphelinats ou même auparavant, certains ont des carences alimentaires qui ont freiné leur croissance… »

Les Gauvain prennent donc les moyens d’assurer un meilleur avenir à tous ces enfants. Trente-six chinois salariés apportent leur concours à la bonne marche de Béthel, des cuisinières au professeur de braille en passant par le chauffeur, les nounous, les spécialistes de la santé et de l’hygiène, tout ce personnel géré par équipe afin d’assurer sept jours sur sept auprès des enfants une présence de jour comme de nuit.


Un généreux projet pour demain

Assurer le quotidien de ces enfants n’aurait qu’une valeur relative la question de leur avenir n’étaient aussi déjà envisagée. Aux perspectives de formations adaptées à leur handicap s’ajoutent le désir de fonder un village d’enfants où ils pourraient grandir et s’épanouir humainement autant que développer leurs aptitudes professionnelles. « Le but ultime de Béthel est d’aider ces enfants à s’insérer dans la vie active. A moyen terme, nous mettrons en place plusieurs ateliers qui dispenseront des formations comme la poterie, l’interprétariat, l’accordage de pianos… »

Et si cela fonctionne, bien plus que de se féliciter de leur réussite, les Gauvain espèrent surtout que cette initiative attirera l’attention de l’administration chinoise qui pourrait alors dupliquer cette expérience dans tout le pays.

Mais d’ici là, le projet de village auquel chaque jour nouveau apporte une pierre nouvelle, nécessite encore de nombreux soutiens pour finalement se créer conformément aux prévisions. Essentiellement financé par les dons des particuliers, Béthel a su rendre concrète les sommes versées. Parrainer un enfant revient ainsi à donner 30€ par mois, financer sa scolarité coûte 120€ par an, et puisqu’il y a de solides projets de construction, les dons peuvent également tendre vers ce but, en finançant un m² du futur village (200€) par exemple, ou en prenant part à la construction d’une maison à raison de 50€ par « investissement. »

Une façon à la fois originale et concrète d’offrir à sa mesure un avenir moins obscur aux orphelins aveugles de Pékin.


Tous les renseignements sur ce projet et les modalités pour lui venir en aide sont disponibles sur le site internet de Béthel : www.chinaimpact.org.

Cette association est également relayée en France par une association de soutien, Impact, domiciliée à Lançon de Provence, à l’adresse suivante :

Association Impact
14 rue E. Signoret
13680 Lancon de Provence


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