L’« invincible espérance », force motrice de l’Alliance Française
Fort de plus de 800 « centres » dans un peu plus de 130 pays, touchant un public de près de 400.000 étudiants, le réseau des Alliances Françaises pourrait se targuer d’une place majeure sur le « marché » de l’enseignement du français. Mais enseigner une langue n’est pas son unique ambition, de réelles aspirations humanistes président à son développement.
Dans son allocution lors du colloque international des Alliances Française en janvier 2003, Jean-Claude JACQ, Secrétaire Général, évoquait successivement, entre autres exemples, l’arrivée de François Chang au fauteuil 34 de l’Académie Française (« Savez-vous où il a appris le français ? A l’Alliance de Paris… »), la réouverture d’un lycée français à Kaboul ou la première participation d’un président algérien, M. Bouteflika, au sommet de la francophonie en 2002. Et poursuivait ainsi : « Cette libre fraternité autour d’une langue, cette solidarité qui surmonte toutes les différences sans les nier, c’est pour nous l’incarnation d'une invincible espérance. »
Une huitième Alliance Française en Chine continentale
Ce laïus, considérant l’importance d’apprendre l’autre, sa culture et le respect de ses particularités, au travers de l’enseignement de sa langue, est partagé par l’ensemble des associations locales, membres du réseau. A Dalian, prospère cité portuaire de la province du Liaoning dans le nord est de la Chine, c’est en tout cas l’esprit qui anime Christophe Dreyer, directeur de la toute récente Alliance Française locale.

Christophe Dreyer,
Directeur de la toute nouvelle Alliance Française de Dalian
« Nous avons ouvert nos portes en Chine au mois de janvier 2005, après avoir réaménagé les locaux de manière conviviale et attractive, après avoir également établi en bonne et due forme le contrat de coopération avec l’Université des Langues Etrangères de Dalian. » Car si les Alliances Françaises sont généralement des associations de droit local, il leur est nécessaire d’être rattaché à une Unité de Travail dans une Chine qui ne connaît pas le droit associatif, des Universités en l’occurrence. De manière générale cependant, le fonctionnement de ces différentes structures est autonome, c’est à dire qu’exceptées quelques subventions ayant pour vocation principale de favoriser son démarrage, l’Alliance Française est autofinancée par ses cours et ses éventuels partenariats locaux. « Si bien qu’étant association à but non lucratif, nous avons bien souvent des tarifs plus élevés que les autres écoles de français "concurrentes", reconnaît Christophe Dreyer. Mais cela se justifie, par la qualité de nos prestations et également par notre vocation qui dépasse de très loin la simple école de langue ! » Il n’est en effet pas une Alliance qui ne se conçoive sans une véritable programmation culturelle protéiforme, sans la mise en place à terme d’une médiathèque, d’une salle de spectacle et d’une librairie si possible…
Car à l’instar de son Secrétaire Général, le directeur de la toute jeune Alliance Française de Dalian se rappelle que le fondement de son association repose sur une authentique ambition humaniste. « Des gens de lettres ne sont pas seuls à l’origine de sa création en 1883. Après les déboires de la guerre de 1870 notamment, des physiciens, des artistes, des diplomates… ont eu l’idée qu’on pouvait aller vers une meilleure compréhension mutuelle, en développant une approche de la culture par le vecteur de la langue française. »
Une mission : créer liens et passerelles
C’est aujourd’hui encore ce qu’il tente d’insuffler à ses étudiants. Cinquante quatre pour cette première session, un début tout à fait acceptable au regard du nombre de professeurs et des locaux loués pour ce début d’activité. Des élèves inscrits en cours intensifs (26 heures hebdomadaires pour la plupart), tant motivés par l’apprentissage de la langue que par la découverte de la France où beaucoup espèrent poursuivre des études. Car, dans le champ des missions de cette Alliance, entre également celle de suppléer l’absence de Consulat Français à Dalian, et de favoriser, en collaboration avec la cellule concernée du consulat de Pékin, les partenariats entre universités chinoises et françaises.

Deux étudiantes sortant des cours de l'Alliance Française
Tout repose finalement sur cette notion « créer des liens, des passerelles, entre les pays et les cultures, afin que l’échange et le travail en commun permettent de mieux se comprendre, s’apprécier, et de mieux vivre ensemble. » Ainsi lors des manifestations culturelles qu’il organise, ici dans les mois à venir ou précédemment à l’Alliance Française de Nanjing qu’il participa en fonder en 2003, Christophe Dreyer souhaite faire découvrir les différentes facettes de la création artistique française (musique, peinture, bande dessinée), en cherchant systématiquement à intégrer les artistes locaux à ces "exhibitions" afin que de cette rencontre naissent de nouveaux liens entre les deux cultures.
Et que peut-être l’accession d’un écrivain d’origine étrangère à l’Académie Française ne soit plus le haut fait d’une intégration réussie mais la marque presque classique d’une parfaite compréhension mutuelle entre les peuples. Pourquoi ne pas le rêver, comme y invitait Jean-Claude Jacq en clôturant le discours précité : « Poursuivons ensemble cette œuvre, ne nous lassons pas d'entreprendre et de réussir. Nous avons l’avenir pour nous. Des unions d’hommes et de femmes comme la nôtre seront de plus en plus indispensables au monde de demain. Montesquieu disait : "Former toujours de nouveaux désirs et les satisfaire à mesure qu’on les forme, c’est le comble de la félicité". C'est tout ce que je nous souhaite. »
Site de l’Alliance Française http://www.alliancefr.org/
Site de l’Alliance Française en Chine www.alliancefrancaise.org.cn
Site de l’Alliance Française de Dalian http://www.alliancefrancaise.org.cn/dalian/accueilfr.htm
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