Le « Coup de pouce » français aux enfants vietnamiens
Le nom de cette association fondée en 1999 par des français résidant au Vietnam traduit bien la philosophie qui inspire ses membres : donner au projet local l’aide qui lui permettra de démarrer, puis se retirer petit à petit en s’assurant qu’il est en mesure de s’autogérer.
Comme beaucoup d’expatriées confrontées à la misère des populations qu’elles côtoient dans son pays d’accueil, Marie-Thérèse Sauthier a très vite senti le besoin de s’investir dans un mission de solidarité au Vietnam. Dans un pays où l’école est à la fois obligatoire et payante, les difficultés de nombreuses familles pour assumer les frais de scolarité de leurs enfants n’ont pas tardé à s’imposer comme une première injustice à combattre. L’aide s’est donc d’abord organisée de manière informelle sous forme de parrainages, avant de prendre la forme en 1999 d’une association déclarée à la Préfecture du Rhône selon la loi de 1901.

Les enfants
Depuis son retour en France, c’est Danièle Cam, salariée de l’Ambassade de France à Hanoi, qui assure désormais la présidence de l’association. « C’est peut-être un des points de fragilité de Coup de Pouce, et sans doute ce qui nous pousse à rester modeste dans notre action, » explique cette dernière. « Comme la plupart de nos adhérents [50 aujourd’hui] sont des expatriés au Vietnam, il y a un fort taux de renouvellement et nous courons toujours le risque de nous retrouver d’une année sur l’autre avec beaucoup moins de membres que précédemment. » Modestie qui n’empêche toutefois pas l’association d’assurer, entre autres coups de pouce, le parrainage de 32 enfants dans les environs de la capitale Vietnamienne.
Une aide pour la scolarité, une autre pour la famille
Lorsqu’ils ne sont pas scolarisés, ces enfants travaillent et participent ainsi aux besoins financiers de la famille. Le Coup de Pouce français arrive donc chaque mois sous deux formes : une enveloppe permettant de payer les frais de scolarité d’une part, un colis alimentaire pour compenser la perte d’une « petite main » au sein du foyer. Si le versement n’est pas directement effectué à l’école, le parrain et l’association suivent tout de même de près la scolarité de l’enfant en s’assurant évidemment qu’il est bien inscrit, mais également en recevant son bulletin de notes, ainsi que des lettres que l’élève écrit régulièrement à son parrain.

Une étude pratique
« Pour les contacts directs, nous avons la visite mensuelle d’un membre de la famille qui vient chercher son colis, ce qui nous permet de faire le point avec lui sur la situation de l’enfant de son entourage, » ajoute Brigitte Brinte, trésorière de l’association. « De plus, nous nous rendons également au moins une fois par an à l’improviste dans leurs maisons, pour voir sur place les conditions de vie et d’étude de l’enfant. »
Accompagné des membres de Coup de Pouce, qui souhaitent éviter toute sollicitation déplacée d’un côté ou de l’autre, les parrains ont eux aussi la possibilité de rendre visite leur filleul dans sa famille, ceci permettant à chacun de mettre un visage derrière l’aide qu’il apporte, ou qu’il reçoit...
« Ces visites dans les familles ont fait émerger de réels besoins chez certaines d’entre elles, » explique Danièle Cam. « Nous avons donc commencé par décider d’élargir notre aide aux familles des élèves, en leur fournissant de l’équipement de première nécessité (poêle, réchaud…), en participant dans certains cas aux travaux de réfection de la maison (sanitaire, toiture…) »
De l’achat de "cochettes" à la construction de dispensaires
Ces apports en nature vont même parfois plus loin lorsqu’il est question d’assurer un début de revenu aux familles qui en ont vraiment besoin. Pour sept d’entre elles qui avaient la place de l’élever, Coup de Pouce a payé l’achat d’une petite truie (appelée ici cochette), a permis la construction d’un enclos lorsque cela s’avérait nécessaire, assuré une formation à l’élevage avec l’aide de Vétérinaire Sans Frontière et finalement fourni un complément alimentaire à l’animal jusqu’à la mise bas, donnant ainsi aux familles un source de revenu permanente si elle est bien gérée. « Par un engagement moral, précise Brigitte Brinte, nous demandons toujours aux bénéficiaires de ce type d’aide de conserver au moins la valeur du don, en nature ou en espèce, de sorte qu’ils puissent continuer à bénéficier de la vente des petits, ou puissent acheter une autre cochette, et s’assurer ainsi un début d’autonomie financière avec cette source de revenue… »
Dans un soucis de transparence vis à vis des autorités locales, tous les projets auxquels Coup de Pouce apporte sa contribution sont mûris et mis en place en lien direct avec des partenaires locaux. Dans le cadre des partenariats, il s’agit du Comité de Protection des Enfants et de la Famille de la Ville de Hanoi. Les derniers projets en date sont, eux, le fruit d’une collaboration avec des institutions religieuses du pays, dont la présence ancienne et la parfaite connaissance du pays et de son histoire permettent d’appréhender en toute confiance la nécessité des actions.

Une cérémonie officielle
« Nous nous sommes ainsi engagés sur des demande de financement de dispensaires et de centres de formation professionnelle dans des zones particulièrement défavorisées, sur la demande de partenaires locaux très impliqués Notre soutien leur permet d’étayer leur dossier sur l’aspect financier, mais ce sont eux qui gèrent de bout en bout les dossiers avec le gouvernement vietnamien. » Une autre manière de montrer que Coup de Pouce n’est pas synonyme d’assistanat, et que la pérennité passe forcément par l’implication des acteurs locaux…
Pour apporter votre soutien à l’association, vous pouvez devenir adhérent (10€ par an), vous engager dans un parrainage (240 € par an, un engagement moral est demandé pour assurer le suivi de l’élève pendant une période minimale de 3 ans) ou faire don d’une somme librement définie.
Tous renseignements complémentaires sur le site de l’association www.coupdepoucevn.org
Adresse de l’association en France pour les renseignements ou les dons :
Coup de Pouce – C/o Marie-Thérèse SAUTHIER
1, cours Aristide Briand
69 300 Caluire & Cuire
Marite_sauthier@hotmail.com